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Episol, des projets plein les rayons

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En deux ans, la jeune épicerie solidaire de Grenoble a trouvé sa clientèle et son rythme de croisière. Elle ne s'endort pas pour autant sur ses rayons bien garnis : une annexe mobile, aménagée dans un camion, pourrait bientôt élargir son périmètre d'intervention.

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A première vue, c’est une supérette comme les autres. Située dans le quartier populaire de la Capuche, à Grenoble, Episol a pris en juin 2015 le relais d’un précédent commerce, qui battait de l’aile. Sans surprise, on y trouve toute l’épicerie classique, un rayon frais, des fruits et légumes, des produits de soin et d’entretien, des boissons, du bio et du conventionnel… Pourtant, à y regarder de plus près, on remarque des différences. Les étiquettes indiquent plusieurs prix et certains produits portent une mystérieuse pastille bleue. L’atmosphère, aussi, a quelque chose de plus convivial. De plus attentionné.

A chacun sa carte

Justement, Laurent s’avance. Il ne porte pas la blouse des 3 employés qui s’activent en caisse ou dans les rayons. Il fait partie de la quarantaine de bénévoles de l’association qui gère l’épicerie. Il se charge notamment d’expliquer son fonctionnement aux nouveaux-venus. Ici, si l’on a un quotient familial peu élevé, on paie moins cher. On peut aussi faire son choix parmi les produits des « collectes» auprès des supermarchés partenaires dans la lutte anti gaspillage, ou des producteurs locaux. Soigneusement triés par catégorie et par date, ils sont vendus à prix réduits. Ce sont les fameuses « pastilles bleues »… Chaque client possède une carte, qui renseigne automatiquement la caisse sur ses droits, en toute discrétion. Et si vous avez le temps de prendre un verre dans l’espace de détente ouvert à tous, Laurent vous expliquera encore que les bénévoles peuvent aussi vous donner un coup de main dans une démarche administrative difficile et qu’ils organisent chaque mois des ateliers. Un autre façon de favoriser les rencontres autour de cours de cuisine ou de petit bricolage…

« Episol, un espace d’animation dans le quartier »

« Je viens 3 à 4 fois par semaine, explique Faouzia Nasraoui, une habituée. J’habite à 30 mètres mais, surtout, c’est moins cher qu’ailleurs. On trouve même des légumes bio : c’est bien quand on aime faire la cuisine, comme moi. Et puis, les gens, ici, prennent le temps de discuter. Parfois, j’y vais juste pour ça. Je travaille seulement le matin. Du coup, je peux participer aux ateliers et aux fêtes, quand il y en a. Episol a créé de l’animation dans le quartier. Ce que j’aimerais ? Qu’ils s’agrandissent, pour qu’on y trouve vraiment tout et que la queue à la caisse se raccourcisse. »

4 personnes employées à plein temps

Faouzia n’est pas la seule habitante de la Capuche et, plus largement, de l’agglomération grenobloise, à avoir adopté l’épicerie solidaire. Celle-ci compte parmi ses clients 600 familles à faible revenu, auxquelles s’ajoutent environ 300 familles qui viennent pour soutenir le projet ou profiter de l’ambiance. Ce succès, conforme aux objectifs de départ, a permis à Episol d’atteindre en deux ans l’équilibre financier, pour ses activités marchandes. Elles occupent, à plein temps, un gérant et 3 personnes en réinsertion, sous contrat aidé.

Une initiative source d’inspiration

« Nous sommes aux limites de nos capacités, peut se réjouir Jean-Marc Lefebvre, coordinateur du projet pour les quatre structures qui ont fondé l’association*. Ce n’était pas un pari gagné d’avance : les épiceries de ce type sont encore rares et nous manquions de points de comparaison, excepté Bordeaux. La réalité a rattrapé notre intuition… Aujourd’hui, c’est nous qui donnons des conseils à des porteurs de projets venus de toute la France. Cela nous convient parfaitement : Episol n’a pas vocation à grossir mais peut inspirer d’autres initiatives, émanant de structures ou de personnes connaissant les besoins et les atouts de leur propre territoire. »

Bientôt une annexe mobile ?

L’équipe ne manque pas pour autant de projets. En septembre 2016, elle a repris l’activité de distribution hebdomadaire des paniers de fruits et légumes à tarification solidaire de la ville de Grenoble, dans les maisons de quartier. Elle vient aussi d’embaucher un animateur professionnel pour coordonner ses actions autour du vivre-ensemble. Enfin, elle étudie la possibilité de créer une annexe dans un camion. Celui-ci irait, à jours fixes, dans d’autres quartiers, à la rencontre de ceux qui se déplacent difficilement, comme les personnes âgées. La fondation Transdev pourrait, une nouvelle fois, lui donner un coup de pouce…

* Le CCAS de Grenoble, le Diaconat Protestant, le Secours Catholique et La Remise, chantier d’insertion.

« Je donne depuis longtemps aux associations caritatives et quand j’ai entendu parler de ce projet, j’ai eu envie de donner aussi de mon temps. Au démarrage, j’ai fait pas mal d’accueil, pour expliquer notre fonctionnement. J’ai aussi participé aux « ramasses » auprès des supermarchés. Depuis un an et demi, je fais une fois par semaine la tournée de nos trois maraîchers locaux, en vélo-cargo. Grâce à eux, nous pouvons faire découvrir à nos clients, au rythme des saisons, des légumes originaux, souvent bio. Permettre à tous de manger mieux fait aussi partie de nos objectifs. »

Laurent Lalliot, bénévole

600

familles

aidées

200

passages

en caisse quotidiens

4

emplois

créés depuis 2015