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Insertion professionnelle : quand le passé porte l'avenir

Chantier de formation et d'insertion de restauration des fours de la Butte Rouge : mise en place d'un plancher pour l'échaffaudage à l'intérieur du four.

En Normandie, dans l'Orne, la mise en valeur d'anciennes mines de fer permet de former et de réinsérer des dizaines de stagiaires. La Fondation Transdev a apporté sa pierre à l'édifice, en soutenant la rénovation de deux fours datant de 1901.

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« En six mois, nos stagiaires en insertion font de la taille de pierre, de la maçonnerie, du joint, du coffrage, des voûtes… Ils acquièrent une véritable qualification dans un métier d’avenir : la construction de qualité, à partir de matériaux locaux »

L’auteur de ces propos, Michaël Herbulot, est agent de développement culturel et touristique à l’association normande « Le Savoir et le Fer ».

Chantier de formation et d'insertion de restauration des fours de la Butte Rouge : garttage des joins de la maçonnerie.

En rénovant les deux fours à minerai de la Butte Rouge, à Dompierre, celle-ci a fait d’une pierre deux coups : former 77 « maçons bâti ancien » et donner un sérieux coup d’accélérateur à la mise en valeur d’un patrimoine unique : les forges et mines de fer de l’Orne.

Une longue histoire

Petit retour en arrière… En 1978, la fermeture de la mine de Saint-Clair-de-Halouze met fin à une histoire commencée au moyen-âge, peut-être même à l’âge du fer. Dès 1348, des écrits attestent l’existence de forges rudimentaires puis, en 1530, de véritables hauts-fourneaux. Il faut dire que le minerai affleure et que les paysans mineurs « n’ont qu’à » piocher le sol pour le ramasser. D’impressionnantes tranchées de plusieurs kilomètres témoignent encore de leur activité. Au tournant du XXème siècle, les forges ont disparu mais plusieurs mines de fond sont creusées, pour alimenter l’industrie sidérurgique du nord de la France. Jusqu’à 500 mineurs y travaillent.

De la belle ouvrage

Créée en 2003 pour sauver ce patrimoine de l’oubli, « Le Savoir et le Fer » a rapidement noué des partenariats avec des structures de formation et d’insertion. Si certaines missions sont assez simples, comme le débroussaillage et l’entretien des sites, d’autres relèvent d’un savoir complexe, en partie perdu. Avant de s’attaquer aux deux fours de Dompierre, derniers survivants d’une série de 9 construits autour de 1900, elle a sollicité l’expertise d’un architecte du patrimoine. Pendant les 4 ans de chantier, un maçon expérimenté a joué le rôle de référent, montrant aux stagiaires et à leurs encadrants les gestes et les techniques appropriés. Côté approvisionnement, il a fallu retrouver le même granit, le même sable, en négociant l’accès aux dernières carrières… Initié avec l’AFPA*, le chantier s’est poursuivi avec l’AIFR du Bocage*, une association de Flers consacrée à l’insertion des publics en difficulté.

Priorité insertion

Le Savoir et le Fer - projet 155« Ce glissement vers l’insertion est totalement assumé, d’autant que le partenariat avec l’AIFR fonctionne particulièrement bien, explique  Michaël Herbulot. Il nous a permis d’enchaîner sur un projet au long cours : la rénovation des deux immenses murs de soutènement qui donnent au site, aménagé à flanc de colline, son profil en terrasse si particulier. Entamée fin 2016, cette opération permet actuellement à certains stagiaires de finir leur formation commencée sur les fours, dont la rénovation s’est achevée cet été. 25 à 30 autres personnes seront aussi formées et accompagnées vers un retour à l’emploi. » 45% des participants au chantier de restauration des fours ont depuis trouvé un emploi ou une formation plus qualifiante encore. Un bilan très satisfaisant quand on sait que la plupart ont connu des épisodes de grande difficulté humaine ou sociale…

 

Chantier de formation et d'insertion de restauration des fours de la Butte Rouge. Eric Mercier, parrain Transdev du projet.

Un parrain engagé

Sollicitée, la Fondation Transdev a soutenu le « chantier des deux fours », parmi de nombreux mécènes séduits comme elle par l’idée de faire se rencontrer passé et avenir. Chauffeur dans sa filiale ornaise VTNI et parrain du projet, Eric Mercier s’est piqué au jeu. Avec l’accord de sa direction et sur son temps libre, il emmène désormais régulièrement dans son car élèves et touristes pour découvrir les sites. L’histoire s’est remise en marche…

 

 

* AFPA : Association pour la Formation Professionnelle des Adultes ; A.I.F.R : Accompagnement Insertion Formation pour Réussir l’emploi.

2

fours

servant à purifier le minerai de fer en sortie de mine entièrement rénovés

77

stagiaires

formés en 4 ans de chantier

30

bénéficiaires

en moyenne attendus sur le chantier d'insertion permanent créé à l'issu de ce premier projet

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